Tu connais l’histoire de la fille qui s’est fait larguée puis qui a dormi sur sa vie pendant 5 ans ?

Non ?

Cette histoire, c’est la mienne et je vais te la raconter !

Assieds-toi confortablement, cette chronique risque d’être longue.

Si l’on m’avait dit que j’aurais passé les cinq premières années de ma vingtaine à procrastiner, dormir sur ma vie et à déprimer, je ne l’aurais certainement pas cru.

C’est vrai quoi. Comment moi, Audrey, la fille super déterminée et prête à tout pour atteindre ses objectifs, j’aurais pu me laisser aller à ce point ? 

Il faut remonter une décennie en arrière pour le comprendre. On rembobine…

Nous sommes à l’hiver 2010, je n’ai pas encore vingt ans et je viens de me faire larguer par celui que je pensais être “l’amour de ma vie”. Sur le moment, j’ai du mal à y croire, je ne comprends pas ce qui motive sa décision, d’autant qu’il ne me donne aucune explication. Il me fait simplement savoir que je suis “chiante” et qu’il “en a marre d’être avec moi”. C’est tout. Un simple SMS froid, court et qui me laisse dans un état d’incompréhension incroyable.

Il dit que je suis chiante… mais pourquoi ?

Je n’en sais rien. Je lui pose la question mais il refuse de me répondre. Peut-être qu’il ne le sait pas lui-même après tout ?

Mais du coup, s’il ne le sait pas, ça veut dire que c’est ma personne toute entière qui pose problème et qui pousse ce gars à me rejeter de la sorte. Et là, c’est une autre histoire. Parce que ça veut dire que si je suis naturellement repoussante, ma vie est fichue… 

Je me suis investie dans ce que je croyais être LA meilleure relation amoureuse du monde et tout ce que j’ai récolté c’est le chaos dans ma vie…

 


Jamais je n’aurais cru qu’une rupture amoureuse aurait pu me mettre à terre de cette manière. 

Durant les premières semaines de cette rupture, je suis passée par tout un tas d’émotions et de sentiments différents. La tristesse, la colère, le soulagement, la résilience, la nostalgie, de nouveau la tristesse. J’étais consciente que ces différentes phases étaient tout à fait normales et j’acceptais l’idée d’être « faible » durant cette période.

Puis, au bout d’un mois, j’ai eu le choix : accepter la rupture et aller de l’avant ou sombrer.

Bon, vu comme j’ai commencé cette chronique, tu auras compris que j’ai choisi de sombrer hein…

Ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien ! Toujours est-il, j‘ai passé des mois à déprimer seule chez moi et à ruminer sur cette rupture au lieu d’aller en cours. Je me suis posé des tas de questions auxquelles je n’avais pas de réponses. J’ai essayé de comprendre ce qui m’avait mené à cette situation mais c’était le flou total.

Plus j’y réfléchissais et plus je blâmais. Je n’étais pas assez comme ceci, j’étais trop comme cela et ça avait causé ma perte. 

Bon j’exagère un peu mais j’aime bien faire ma drama queen 🤭.

Bref, je suis restée dans un état léthargique pendant près de trois mois puis un beau jour, alors que le printemps pointait le bout de son nez, j’ai pris la décision me reprendre en main. Je suis donc sortie de mon lit à une heure que je considérais comme très matinale (il était 10h15…), je me suis assise à mon bureau et j’ai commencé à écrire. Des pages et des pages pour extérioriser tout ce que je ressentais et qui me pesait.

Ce jour-là, je me suis sentie mieux. J’ai commencé à y voir plus clair et à me rappeler qu’avant cette rupture, j’avais une vie plutôt sympa. J’ai donc décidé de reproduire l’expérience le lendemain et le surlendemain et ainsi de suite, jusqu’à ce que je n’ai plus rien à écrire et qu’une bonne partie de la tristesse que j’avais accumulée au cours des mois précédents ait disparue.

Durant ces quelques semaines d’écriture thérapeutique, j’ai laissé mes émotions s’exprimer mais je n’ai pas pris le temps de me demander ce qui n’avait pas fonctionné dans cette relation ni pourquoi j’en étais arrivée là et quelles actions je pouvais mettre en place pour éviter de me retrouver dans une telle situation dans le futur.

Aujourd’hui, je me rends bien compte que ce genre de travail est absolument indispensable pour se débarrasser de ses traumatismes,  guérir véritablement et aller de l’avant. Toutefois, à l’époque, je n’avais aucune idée de ce que je devais faire et j’ignorais qu’un traumatisme non guéri/traité, pouvait ressurgir comme par magie et vous gâcher la vie. C’est donc tout naturellement que j’ai décidé de reprendre le cours de ma vie et de me concentrer sur une seule chose : retrouver mon dynamisme et sortir de l’état végétatif dans lequel j’étais.

A partir de là, je me suis mis en tête de me reprendre en main et de me fixer de nouveaux objectifs :

  • Rattraper le retard que j’avais pris en cours (on se rappelle que j’ai déserté l’école pendant environ trois mois…)
  • Obtenir mon BTS
  • Exceller dans mon poste d’Assistante Export en alternance
  • Obtenir mon permis de conduire.

J’avais donc une année pour me remettre sur pied, cartonner et redevenir la fille déterminée que j’étais avant que cette rupture ne vienne me fracasser.

Pendant un an, je me suis consacrée à mes études, mon boulot d’alternante et mes cours de conduite. J’étais tout le temps occupée et j’adorais ça. Déjà d’une parce que j’ai toujours aimé faire plein de choses à la fois. Et de deux parce que de cette manière je n’avais pas besoin de penser à la façon dont cette rupture m’avait affectée.

Sans surprise, mes efforts ont payé. Un an plus tard, j’ai obtenu mon BTS, mon permis de conduire et j’ai même été acceptée pour suivre une formation qui allait me permettre de réaliser un de mes rêves : aller vivre et travailler à l’étranger !

Durant cette période, je me sentais invincible, déterminée et confiante. J’avais l’impression d’être redevenue la moi d’avant et j’aimais ça. Ma vraie nature retrouvée, j’ai pu attirer à moi de nouvelles opportunités.

Et c’est là que j’ai rencontré cet autre gars…

 

 

L’exact opposé de mon ex. LE mec qui allait changer ma vie, j’en étais absolument certaine !

Dans un sens, j’avais raison…mais j’étais loin d’imaginer qu’il allait « précipiter ma chute » (rien de grave, c’est juste mon côté drama queen qui reprend le dessus).

Je me suis donc lancée dans cette relation sans me poser de question. Je ne me suis pas demandée si je m’étais vraiment remise de ma rupture, si ce nouveau gars me correspondait, si je me sentais prête à retomber amoureuse. Que dalle ! J’ai foncé tête baissée et…tu deveniras que c’était une bien mauvaise idée 😶.

Pour des raisons de flemme évidente, je ne vais pas prendre le temps de développer par ici les raisons pour lesquelles c’était une mauvaise idée mais je le ferais certainement un jour, dans un livre dédié 😉… !

Bref, pour en revenir à ce que je disais, j’ai commencé cette nouvelle relation et ai vite constaté que mon partenaire n’appréciait pas ma personnalité. En effet, pratiquement tout ce que je pouvais faire ou dire était sujet à une réflexion, remarque peu agréable, commentaire négatif…

Avant de poursuivre, je tiens à préciser que ce gars n’était pas un « mauvais djo« , c’est juste que nous n’avions rien à faire ensemble. Je ne lui convenais pas et il ne me convenait pas non plus. Nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes mais nous refusions de l’admettre. Nous avons donc choisi de nous supporter et de faire un bout de chemin ensemble malgré tout.

Tu es peut-être en train de te demander en quoi le fait d’être dans une relation merd*que m’a poussée à procrastiner et rassure-toi, j’y arrive !

Donc, je suis en couple avec ce mec et je sens que je ne peux pas être moi-même. Je dois constamment faire attention à ce que je dis, ce que je fais, sous peine de me prendre des réflexions désobligeantes. Au départ, je cherche à m’améliorer, à changer ma nature, à faire en sorte de lui plaire mais je me rends compte que j’ai beau faire des efforts, ce n’est jamais suffisant.

Le schéma est en train de se répéter. Je finis par me dire que j’ai vraiment un problème et que ma personnalité ne plaira jamais à aucun homme. Mon estime de moi qui est déjà très basse en prend un sacré coup et je tombe dans la déprime sans vraiment m’en rendre compte. Le tramautisme de ma rupture précédente pointe le bout de son nez et amène avec lui des comportements de défense que je commence à bien connaître : la fuite, l’évitement, l’apathie…

Etant donné que je ne fais pas les choses à moitié, je ne me contente pas de déprimer et de m’isoler de nouveau. Non ! Je me mets également à m’apitoyer sur mon sort et me dit que j’ai beau donner le meilleur de moi-même, faire en sorte d’être débrouillarde, indépendante, disponible, toujours présente même dans les moments très difficiles, ça ne paye pas !

Alors à quoi bon se fatiguer ?

A quoi bon toujours faire les choses en temps et en heure ? A quoi bon gérer ma vie correctement si finalement, personne n’apprécie ce que je fais ?

 

Ne serait-ce pas plus simple de se laisser aller et de faire le strict minimum ?

Si, certainement. Alors je vais tenter ça !

◾ Arrêter de gérer mon administratif dans les temps et voir ce qui finit par se passer.

◾ Arrêter de sortir avec mes amis puisque de toute manière, j’ai l’impression d’être inintéressante.

◾ Arrêter de faire du sport puisque de toute manière mon partenaire ne m’encourage pas et n’a pas l’air d’apprécier le fait que je fasse mon possible pour rester en forme (dans tous les sens du terme…).

◾ Arrêter d’être actrice de ma vie et en devenir spectatrice, tout simplement.

C’est ainsi que la procrastination s’est installée de manière insidieuse et progressive dans ma vie…

Doucement mais sûrement, j’ai commencé à me laisser couler et me dire que si je devais me prendre des reproches à longueur de journée, au moins, là, ça serait justifié… 

En l’espace de quelques années, je suis devenue l’ombre de moi-même et j’ai commencé à en vouloir à la Terre entière. Il fallait bien que je blâme quelqu’un pour l’échec de ma vie (Miss Drama Queen n’est jamais bien loin) et j’ai décidé que la coupable serait La Vie.

Cette Vie qui ne me faisait pas de cadeaux, mettait toujours des galères sur mon chemin et m’empêchait d’être heureuse…

Est-ce qu’il n’aurait pas été plus simple que je quitte mon copain et que je continue de faire ce que j’avais à faire ?

Si clairement mais comment pouvais-je le savoir ?

J’étais une jeune fille complètement perdue qui passait son temps à chercher une validation dans le regard des autres et principalement dans celui de personnes qui se fichaient d’elle comme de l’an 40 🙄.

Pathétique…

Pour autant, est-ce que je m’en veux d’avoir agi de la sorte ?

Hell no !

J’étais jeune et je n’avais absolument aucune idée du fait que la clé de mon bonheur se trouvait en moi et nulle part ailleurs. Je manquais de connaissance et de jugeotte, soyons honnêtes. Je ne peux pas m’en vouloir d’avoir pris certaines décisions alors que j’ignorais que j’aurais pu procéder autrement.

Tout ce que je faisais était destiné à impressionner Pierre, Paul, Jacques et à démontrer que je valais quelque chose, que j’étais digne d’amour et d’intérêt.

J’ai mis mes rêves, mon ambition, ma détermination de côté pour plaire à des mecs avec qui je n’avais pas d’avenir… Et tu sais ce que eux faisaient pendant ce temps-là ?

Eh bien ils avançaient dans leur vie et atteignaient leurs objectifs. Rien que ça !

La suite au prochain épisode…

A bientôt,

Audrey