Chroniques de Fainéante

Chronique # 1 : Le rêve a commencé à St Martin

Heyyy,

Nous sommes en Mars 2016. Il est tôt et je suis assise dans le RER. Mon esprit se met à vagabonder, comme souvent. Je n’ai pas la tête à lire comme je le fais habituellement. Je préfère réfléchir aux prochaines vacances que je vais m’offrir dans deux mois… Je suis sûre de partir au mois de Mai car je compte être à l’étranger le jour de mon anniversaire. Il ne me reste  plus qu’à choisir le lieu et la personne avec qui je vais partir (à croire que j’ai une liste d’amis millionnaire qui n’attendent que mon feu vert pour partir en vacances avec moi). Je n’ai pas le temps de faire une liste en bonne et due forme car je réalise que je pourrais offrir un voyage à mon père ! C’est vrai quoi, il a toujours été là pour moi et à part quelques bouteilles de parfum, je ne lui ai jamais fait de « vrai » cadeau. Pour une fois, j’ai l’occasion de nous en faire un beau à tous les deux, je ne vais donc pas m’en priver ! 

Le long du trajet qui me mène à mon travail, je réfléchis à des destinations sympa, abordables (car je compte tout de même vivre la dolce vita sur place) et pas trop loin de la Guadeloupe. En premier lieu, mon choix s’arrête sur Puerto Rico. Je n’y ai encore jamais mis les pieds mais de ce que j’ai pu voir sur Internet, on y mange bien (c’est important) et les plages sont magnifiques ! C’est un critère qui pèse dans la balance car j’aime la plage, pas forcément pour me baigner mais surtout pour profiter de la chaleur du soleil et écouter le doux bruit des vagues. Je peux rester des heures assise sur ma fouta à savourer la quiétude du moment. Toutefois, j’ai le sentiment que ce n’est pas la bonne destination pour ce voyage. Je poursuis donc mes recherches et arrête mon choix sur une île paradisiaque et à côté de la Guadeloupe : Saint Martin !

Je ne préviens pas mon père car il tenterait de me dissuader en m’expliquant que je ne dois pas gaspiller mon argent, qu’il n’a pas besoin de partir en vacances blablabla. Je réserve donc 4 nuits dans un hôtel cosy, achète les billets d’avion et l’informe un mois avant le départ qu’il doit prendre des jours de congés car je l’emmène en vacances (ai-je entendu : « traquenard » ?). 

Il me tarde d’y être… Je compte les semaines, les jours puis les heures…

Nous y sommes, c’est le jour du départ, enfin ! Je m’habille de manière confortable et regarde mon père prendre son temps pour se mettre sur son 31. Il est comme ça, il aime prendre l’avion en mode « beau gosse ». Je ne sais pas quel est son objectif mais je trouve ça hyper drôle et mignon à la fois. 

Après des mois d’attente, c’est le moment, nous nous envolons vers St Martin que je ne connais qu’à travers des reportages sur les millionnaires qui y crèchent et sur la délinquance, fléau de l’île (ne me jugez pas si je regarde des reportages très orientés…). 

Arrivés à destination, nous sortons de l’aéroport et là, un drôle de sentiment m’envahit… C’est comme si j’avais retrouvé ma maison. La chaleur étouffante de l’île m’accueille comme pour me dire  : « bon retour, ma fille ! ». Je suis en joie (et en nage…) car je sens que nous allons passer de belles vacances.

Après avoir passé 5 minutes à explorer ce nouvel environnement, je constate que j’ai pensé à tout sauf à louer une voiture…mais on ne panique pas. Sur le parking, j’aperçois un jeune homme qui me paraît sympathique et qui attend je ne sais quoi à l’ombre d’un arbre. Je me dirige donc vers lui et lui demande s’il y a un service de transports en commun dans les parages. Il me répond qu’une navette vient de passer et sera de retour dans une heure… Je ne sais pas si j’ai l’air de paniquer mais il me propose d’appeler son cousin qui est taxi afin qu’il nous dépose à l’hôtel. J’accepte immédiatement et quelques minutes plus tard, nous sommes en route dans un van climatisé. Tout au long du trajet, le chauffeur nous raconte quelques anecdotes sur l’île. Il nous explique que jadis, l’île produisait du sel car le climat hyper sec le permettait. J’écoute, captivée, toutes les informations qu’il nous donne et je me mets à sourire. La vie a l’air belle sur cette île…

Arrivés à l’hôtel, je fais la maligne en parlant anglais avec la réceptionniste car nous sommes dans la partie hollandaise de l’île et elle m’explique qu’elle comprend le français mais ne le parle que très peu. Je vois mon père impressionné et très clairement, je suis fière de moi. Le ptit épisode de frime étant terminé, nous découvrons notre chambre. Elle est superbe !! La déco est magnifique, la chambre spacieuse, nous avons une mini cuisine et une grande terrasse bien aménagée. Comme à mon habitude, je commence à danser comme une fofolle pendant que mon père dit : « Ah oui ! Tu ne t’embêtes pas toi… Après tout, t’as toujours eu des goûts de luxe… ». Il est ravi. 

Nous posons nos valises, buvons un coup et je me change pour ressortir. J’incite mon binôme à faire de même mais il décline poliment (non, c’est une blague) mon invitation. La chaleur est écrasante ! Nous marchons à peine quelques minutes et je suis de nouveau en nage. Pour ne rien arranger, nous devons monter une côte afin de sortir de l’hôtel et rejoindre la route principale. Je suis au bout du rouleau de papier toilettes mais j’essaye de rester digne comme me l’a enseigné mon amie Anna il y a 10 ans de cela. Mon père lui est au bout de sa vie, il décide de s’arrêter un instant et me dit : « ok, si une personne a besoin de perdre du poids, elle n’a qu’à venir à St Martin ! Tu montes et descends des côtes, le soleil est bas…tu sues comme un cochon, tu peux perdre 150 kg, facile ! Pas d’effort à faire. ». Je pars dans un fou rire, je pleure, je transpire, j’ai mal aux côtes. Je ris aux éclats et sous le soleil. Que demande le peuple ?

Nous finissons l’ascension de ce morne et constatons qu’il nous faut maintenant en redescendre un autre pour atteindre les restaurants, une épicerie et un magasin de souvenirs. Quand notre périple s’achève, nous nous arrêtons dans une buvette afin de boire un autre coup bien mérité.

Le soleil ne va pas tarder à se coucher, entraînant avec lui la chaleur étouffante. Reposée et moins dégoulinante, je décide d’aller faire un tour dans la boutique de souvenirs. Elle est tenue par une femme d’une quarantaine d’années qui m’explique avoir quitté sa Bretagne natale il y a près de 20 ans, après avoir eu un coup de cœur pour cette île. Elle a fait plusieurs petits boulots et vend aujourd’hui des bracelets dont chacun délivre un message : confiance, amour, paix, gratitude… Je ne sais pas pourquoi mais sur le moment, je ressens le besoin d’en acheter un (ce qui n’est clairement pas dans mes habitudes). Je les regarde tous attentivement et arrête mon choix sur celui qui indique « gratitude ». Il ne me quittera plus.

En sortant de sa boutique, je décide de prendre mon temps avant de rejoindre mon père assis à la terrasse d’un restaurant. J’observe les alentours et remarque un bon nombre de somptueuses villas et plusieurs berlines de luxe qui défilent sur la route. 

En rejoignant le restaurant, je me surprends à rêver d’une vie sur place…

A très vite !

Audrey  

Commentaires

Melissa
24 mai 2020 à 12:35

Quelle prose! J’ai lu ton texte d’un trait et moi qui vit aux Antilles j’ai tout de suite tout imaginé. Tu as vraiment de la chance d’avoir cette relation avec ton père. Profites-en. J’en !



    L'histoire D'une Fainéante
    24 mai 2020 à 13:13

    Ohhh merci 😍 c’est gentil 🙏🏾. Je suis vraiment contente que ça t’ait plu. Ouiii pour la relation avec mon père, c’est vrai que j’ai de la chance ❤️. Bon dimanche louloute !



Soglo
24 mai 2020 à 07:56

Belle chronique dans laquelle on peut imaginer la complicité père fille. 😍🙏🏽



    L'histoire D'une Fainéante
    24 mai 2020 à 08:49

    Merci louloute !
    Effectivement, on est assez complices mon père et moi, ça n’a pas toujours été le cas mais on a réussit à construire une relation qui nous va bien à tous les deux au fil du temps.
    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire :).

    Bonne journée !

    Audrey



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