Le sac d'émotions !

 » Mais t’as cru que j’avais un sac avec toutes mes émotions dedans et que je n’avais qu’à le vider quand il était trop lourd ??? « 

Voici précisément la phrase que j’ai prononcée il y a maintenant trois ans et qui a eu un impact extrêmement positif sur ma vie…

Le sac d'émotions

Je me souviens de cette conversation comme si c’était hier, j’étais avec une collègue qui est depuis, devenue une amie et je lui répétais pour la énième fois que je ne comprenais pas pourquoi le comportement d’Untel avait une telle emprise sur moi. Impossible d’expliquer et encore moins de me débarrasser de ce sentiment de frustration qui me collait à la peau depuis de nombreux mois. Je suppose qu’elle devait en avoir marre car au moment où je m’y attendais le moins, elle a dit : 

« Mais passe à autre chose ! Dégage cette personne de ton cœur ! » 

😳 J’étais surprise et vexée à la fois et la seule chose que j’ai réussi à dire sur le moment est cette fameuse phrase à propos du sac d’émotions. D’après moi, j’allais lui clouer le bec avec ma punchline. Ben oui, qu’est-ce qu’elle croyait ? Qu’il était facile de se défaire d’une personne et d’aller de l’avant en un claquement de doigts ? Sûre de moi, j’ai préféré changer de sujet car : « elle n’y comprenait rien de toute façon » !

Seulement, quelques jours après, j’ai repensé à ma phrase et me suis interrogée sur ce sac d’émotions. Et si c’était elle qui avait raison ? S’il était facile de se débarrasser d’une ou plusieurs émotion.s. « gênante.s. » afin de faire de la place à des émotions plus agréables ? Si j’avais vraiment un sac imaginaire dans lequel je pourrais mettre toutes mes émotions et faire le tri lorsque certaines deviendraient trop lourdes à porter ? 

Et si…

L’idée a commencé à faire son chemin et quelques semaines plus tard, j’étais bien décidée à créer mon sac d’émotions ! Le processus a été laborieux car à l’époque j’étais très impulsive et j’avais tendance à laisser mes émotions prendre le dessus sur ma raison. J’ai donc beaucoup tâtonné et eu du mal à trouver le bon équilibre. En effet, lorsqu’une émotion se manifestait de manière intense, j’avais 2 options en stock :

Devenir mutique, ruminer dans ma tête et garder un visage fermé.

ou

Réagir immédiatement sans      réfléchir.

Toutefois; après m’être retrouvée dans des problèmes inutiles à cause de mes réactions excessives, je me suis penchée sur la question et ai décidé de procéder par étapes :

Etape n°1 : Accuser réception de mes émotions  

Il était temps pour moi d’apprendre à identifier ce que je ressentais lorsqu’une émotion se manifestait. Qu’il s’agisse de joie, euphorie, tristesse, colère ou frustration, je m’arrêtais pour accuser réception de l’émotion et l’accepter telle qu’elle se présentait sans chercher à la refouler. 

Etape n°2 : Arrêter de catégoriser mes émotions comme bonnes ou mauvaises  

J’ai souvent entendu parler d’émotions positives et négatives. Les émotions « plaisantes » sont dites positives  et celles qui le sont un peu moins sont dites négativesJ’ai longtemps fait cette distinction, toutefois, j’ai fini par réaliser que toutes les émotions que je pouvais ressentir avaient leur intérêt et leur place dans ma vie. Il me fallait juste apprendre à ne pas les laisser s’installer trop longtemps pour éviter qu’elles ne me submergent. 

Etape n°3 : Comprendre mes émotions

Pour être en mesure de gérer mes émotions, il fallait avant tout que je puisse les comprendre. Ce n’était pas tout d’en accuser réception et de dire  » Je suis en colère, dégoûtée ou heureuse ! « , il me fallait également pouvoir analyser cette émotion : à quel moment est-ce qu’elle surgit ? Pourquoi ? Quelles sont les réactions physiologiques et comportementales qui en découlent ? 

Répondre à toutes ces questions m’a permis de faire un travail pour apprendre à canaliser mes émotions lorsque celles-ci deviennent trop intenses.

Etape n°4 : Mettre une date de péremption sur les émotions trop lourdes à porter

La dernière étape de mon plan fut de placer une date sur les émotions qui devenaient trop lourdes à gérer. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai choisi d’accepter chacune de mes émotions qu’elles soient agréables ou non. En revanche, pour éviter de me laisser submerger par celles qui créaient chez moi un sentiment de désespoir, mal-être et j’en passe, j’ai décidé de leur mettre une date d’expiration. Autrement dit, j’étais ok avec le fait d’être triste ou en colère à condition que ce sentiment ne s’éternise pas ! Aucune durée fixe, seulement une nette appréciation de ma personne, de mon état de fatigue ou de bien-être à l’instant T pour ensuite déterminer le nombre d’heures, de jours ou de semaines durant lesquelles j’allais « vivre » pleinement ce que je ressentais.

 

Aujourd’hui encore, je visualise régulièrement mon sac d’émotions imaginaire L’important pour moi étant de ne pas le laisser devenir trop lourd. Ce qui signifie en d’autres termes : empêcher la frustration de s’installer, traiter mes émotions avec respect,  ne pas les minimiser ou culpabiliser de ressentir des émotions dites négatives. Et très honnêtement, je me sens beaucoup mieux maintenant que je peux nommer mes émotions, savoir pourquoi elles se manifestent et prendre du recul pour pouvoir les gérer au mieux 😊.

Si tu souhaites créer ton sac d’émotions ou échanger à ce sujet, je te laisse me faire un petit retour en commentaires ou m’écrire sur Instagram ! Et si tu veux aller plus loin, je te suggère de lire  l’excellent livre ‘L’agilité émotionnelle’ du Dr Susan David.

A bientôt,

Audrey

 

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